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CES ARMENIENS QUI
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HISTOIRE
| MISSAK
MANOUCHIAN : UNE VIE
Hommage
A l'occasion du 60ème anniversaire de l'exécution de Missak
Manouchian et de ses compagnons
le samedi 21 février à 15h, de
nombreuses personnes se sont réunies au Mémorial de la France
combattante au Mont Valérien et le dimanche 22 février au carré
des
fusillés du cimetière d'Ivry.
21 Février 2004 : Mont Valérien
Mesdames et Messieurs,
L’association nationale des volontaires, anciens combattants et
résistants arméniens, créée en 1917, et le conseil de
coordination des organisations arméniennes de France ont
l’honneur d’ accueillir aujourd’hui :
Voir liste
Nous avons voulu, ce jour, mêlé intimement, deux cérémonies car
elles sont de la même essence :
- l’hommage solennel rendu en l’honneur de tous les Arméniens
morts pour la France pendant les deux conflits mondiaux et dans
la Légion d’Orient et le soixantième anniversaire de l’exécution de Missak
Manouchian et de ses 22 compagnons de l’Affiche rouge.
C’est en effet, ce même amour de la France et des grands idéaux
dont elle est le flambeau qui a animé nos centaines, sinon nos
milliers de volontaires arméniens en Août 1914, dès les premiers
jours de la Grande Guerre, dès les 1ers jours, à s’engager dans
l’armée française .A une époque où l’uniforme français leur
était refusé, les Arméniens étaient versés dans la Légion
Etrangère
- Tout d’abord, le front de l’est de la France : dans le
Régiment de Marche de la Légion Etrangère, l’un des plus décorés
avec 9 palmes et la Légion d’Honneur, un régiment d’élite, les
Arméniens se battent en Champagne, en Artois, Belloy en
Santerre, Montagne de Paris, Plateau de Laffaux, le Chemin des
Dames, Verdun. Verdun où les illustres stèles de Ville
arménienne de Van et de Ville arménienne de Sis, gravées sur le
fronton de l’Ossuaire de Douaumont attestent de leur vaillance
au combat. Une tranchée dans la Somme porte même le nom de
Tranchée des Arméniens car ils tombaient en masse en première
ligne.
Ils étaient aussi sur un 2ème front :le Front de Palestine ,
dans la fameuse Légion d’Orient, animés par l’espoir que si la
France arrivait à vaincre la coalition germano-turque, cette
France se pencherait sur le sort des Arméniens dont 1 500 000
des leurs avaient été anéantis en 1915 lors du génocide perpétré
par les autorités ottomanes.
D’innombrables témoignages de leur bravoure :
Le Général Allemby : commandant en chef : « La Légion arménienne
a eu une importante participation dans la grande attaque du
Front de Palestine et j’en suis fier. »
Le Général Gouraud commandant des troupes du Levant: « je
garderai l’impérissable souvenir de votre bravoure et de votre
ardeur. La France généreuse se souviendra fièrement qu’Elle eut
l’honneur de confier à des Fils d’Arménie un lot de baïonnettes
qu’ils manièrent d’enthousiasme.
Puisse le sang versé, puisse l’héroïsme commun ne pas rester
stérile »
Le lieutenant Colonel Beaujard commandant de la Légion
arménienne : » la vaillante Légion Arménienne a de 1916 à 1920
noblement écrit sur les pages d’une époque douloureuse et
farouche les hauts faits d’armes que lui méritaient ses vertus
et qui lui valent notre fidèle et vive admiration. En 1920,,
disait il encore, cette épopée devait s’achever dans un
crépuscule. Je ressentis vivement cette amertume lorsque je dus
procéder à la dissolution de ce corps. A nouveau dispersés, ces
enfants d’une patrie opprimée en permanence devaient reprendre
soit la route de l’exil, soit le chemin du martyre »
Hélas, l’abandon et le retrait inattendu des troupes françaises
en 1920 laissa les Arméniens sans défense et les troupes turques
se livrèrent à des massacres innommables à Hadjin – 15 000 morts
et à Marache.20 000 morts.
Et,en effet , la Légion Arménienne dissoute, les survivants
arméniens prirent effectivement le chemin de l’exil
Il n’empêche que ces réfugiés arméniens, apatrides, se sont
encore une fois portés au secours de leur nouvelle patrie, la
France, alors occupée. Combattants de l'armée régulière ou
combattants de l'ombre, les Arméniens payèrent à nouveau un
lourd tribut et s'illustrèrent avec de grands faits d'armes dont
- Missak Manouchian , responsable militaire des Francs-Tireurs
partisans de la Main d'œuvre immigrée, fusillé avec ses 22
compagnons de l'Affiche Rouge et jeté dans la fosse commune
d'Ivry
- Et ce fameux régiment de soldats arméniens issus de l'Armée
Rouge, qui sous les ordres du capitaine Pétrossian, libéra des
villes de France, Mende, La Calmette,…avec des mots d'ordre
envoyés par Mélinée Manouchian, en arménien et en russe.
Mais il y a aussi des actes de bravoure oubliés, comme ce
cycliste arménien ouvrant le chemin de Paris à la jeep pilotée
par un autre arménien, le soldat Pirlian, jeep commandé par le
capitaine Drone et précédant le char du Général Leclerc,
libérateur de Paris. Notre cycliste fut abattu par les Allemands
aux portes de la capitale, exemple de sacrifice parmi tant
d'autres.
Ce sont ces faits, tous ces faits d’armes, qui illustrent bien
l'engagement sans faille des Arméniens auxquels la nationalité
française n'était pas encore accordée que nous sommes venus
honorés ici dans ce lieu sacré du Mont Valérien inauguré par le
Général de Gaulle le 18 juin 1960
Tous ces combattants ou résistants, illustres ou célèbres
écoutaient simplement leur cœur : ils aimaient la France et se
battaient pour sa liberté et son honneur et c'est à eux qu'est
dédiée, assurément, cette reconnaissance.
Au tribunal expéditif qui l'envoya, avec ses 22 compagnons, au
peloton d'exécution du Mont Valérien, Missak Manouchian répliqua
:"Vous, vous avez hérité de la nationalité française par le sang
reçu, nous, nous aurions mérité de la nationalité française par
le sang versé."
Aujourd’hui, 60 ans après leur exécution du 21 février 1944,
jour pour jour, c’est
avec une infinie émotion que nous allons, après les dépôts de
gerbes, marcher sur leur trace, vers la clairière où furent
fusillés ceux que la postérité retiendra désormais sous la
dénomination de l’Affiche Rouge.
Hirsutes, barbus, torturés, ces Arméniens, ces Juifs, ces
Roumains, ces Hongrois, ces italiens, ces Espagnols étaient
censés sur cette affiche couleur de sang , symboliser le
terrorisme et provoquer la répulsion des Parisiens. C’est
l’inverse qui se produisit : des bouquets anonymes fleurissaient
sous l’Affiche . Un élan de sympathie, de respect et
d’admiration souleva le cœur des Parisiens qui se reconnurent
dans ces 23, 23 étrangers et leurs frères pourtant, 23 qui
criaient la France en s’abattant. Nous lirons tout à l’heure le
poème d’Aragon. N’oublions pas Olga Banzic décapitée en
Allemagne
Tous ces résistants venus d’horizon si différents avaient en
commun le désir de s’opposer à la barbarie nazie et le même
idéal universel de liberté et de justice.
Mais il y a quelque chose de grandiose dans l’engagement de
Missak et de Mélinée Manouchian et de façon générale dans
l’engagement de tous les Arméniens. Une spécificité exemplaire :
ces combattants étaient les rescapés du génocide Ils avaient
déjà tout perdu et ils n’étaient même pas poursuivis en tant
qu’Arméniens par l’occupant. Ils n’avaient même pas eu le temps
de fonder une famille que l’amour de la France les a plongé dans
un autre combat. Mélinée résumait volontiers sa vie à deux
phrases : la 1ère guerre l’avait rendu orpheline -comme Missak
lui aussi orphelin , et la 2ème guerre l’avait rendu veuve.
Cette chère Mélinée attendra encore 40 ans avant de devenir
citoyenne française et d’ être élevée à la distinction de
Chevalier de la Légion d’Honneur par le Président Mitterrand.
Comme Diran Vosguéritchian un des artisans de la déroute
allemande de Mende qui sera honoré et deviendra aussi Français
en 1985.
Ils étaient tous fiers ,dans ce grand élan de la Résistance
Française impulsé par le Général de Gaulle et avec Jean Moulin à
la tête du Conseil National de la Résistance, d’avoir apporté
une contribution importante à la libération de la France ; Leurs
noms resteront à jamais gravés dans notre mémoire collective.
Nous n’oublions pas non plus ces milliers d’Arméniens enfermés
dans le stalag 11 d’Altengrabow et qui refusèrent leur
libération anticipée pour ne pas se désolidariser de leurs
compagnons d’armes français.
C’est maintenant , libres, que les Français d’origine arménienne
se flattent que leur patrie d’accueil, la France, a enfin
reconnu officiellement le génocide arménien et en a fait une loi
de la République. Nous la remercions chaleureusement. Comme nous
remercions particulièrement certaines personnalités ici
présentes qui ont combattu pour l’honneur des Arméniens en
érigeant , certains même avant l’heure, des Khatchkars, ces
croix de pierre arménienne, dédiés au génocide arménien: M ;
André Santini à Issy les Mlx, M Philippe Kaltenbach à Clamart,
M. Bertrand Delanoe sur les pas de M ; Tibéri à Paris, M. René
Rouquet à Alfortville, Jean Levain à Chaville, Patrick Dévedjian
à Antony, M.Kosciusko-Morizet avec l’appui inestimable de M.
Charles Pasqua à Sèvres. Et bien d’autres villes encore .
Et si la France est maintenant en paix avec l’Allemagne, les
Français d’origine arménienne attendent avec l’Arménie et son
ambassadeur M ; Edward Nalbandian , ici présent, que la Turquie
aussi, actuellement encore négationniste saura regarder en face
son Histoire avant de prétendre entrer dans cette Europe libre
et des Droits de l’Homme que tous ceux qui sont tombés ici ont
vaillamment défendus.
Je voudrais terminer avec deux citations illustres :
Anatole France en 1916 à la Sorbonne: « Nous louons l’Arménie de
cet invincible amour qui l’attache à notre civilisation. Car
l’Arménie est unie à nous par des liens de famille, et elle
prolonge en Orient le génie latin. Plus de 500 000 Arméniens
sont morts pour notre cause, et notre nom sur les lèvres . Après
la victoire de nos armées, les Alliés auront de grands devoirs à
remplir. Et le plus sacré de ces derniers sera de rendre la vie
aux peuples martyrs. Alors, ils assureront la sûreté et
l’indépendance de l’Arménie»
La dernière citation est celle d’ un Général français à Verdun
en 1983 accompagnant le Président du Sénat, Monsieur Alain
Poher, lors de l’inauguration de nos stèles arméniennes, devant
cet impressionnant paysage de 40 000 tombes de soldats ;
Je cite donc cette phrase , pour moi inoubliable, et que je vous
engage Mesdames et Messieurs à ne plus oublier car elle
s’adresse aussi à cette terre de douleur du Mont Valérien:
" Si je prends dans ma main une poignée de cette terre sacrée de
Verdun, et si je la presse, je suis sur qu'il en coulerait
quelques gouttes de sang arménien".
Mes derniers mots seront ceux du Commandant Missak Manouchian,
ouvrier, journaliste, poète et stratège militaire aux 56
attentats ,quelques heures avant d’être abattu ce 21 février
1944 :
«Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de
la liberté et de la paix de demain. Au moment de mourir, je
proclame que je n’ai pas de haine contre le peuple allemand ni
contre qui que ce soit. Le peuple allemand et tous les autres
peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne
durera plus longtemps. Bonheur à tous «
Vive la République, vive l’Arménie, vive la France
Je vous remercie
Nous allons procéder maintenant au dépôt de gerbes. Celle de
notre association sera portée par deux survivants arméniens du
Groupe Manouchian : nos chers amis M. Arsène TCHAKARIAN et M .
Henri KARAYAN
Paris, le 21 février2004
Liste des personnalités
Antoine BAGDIKIAN appelle au dépôt de gerbes :
La gerbe de notre association d’Anciens
Combattants et Résistants arméniens : par Arsène TCHAKARIAN
La gerbe de l’Association nationale des anciens combattants et
résistants ANACR et Henri KARAYAN
La gerbe de la Fédération nationale des déportés, internés,
résistants et patriotes FNDIRP
La gerbe du président de l’Association Europe pour la
mémoire :président Alexis GOVCIYAN
et son délégué général Alain KREMENESKI
La gerbe du Mouvement des Arméniens pour le Progrès : M.
KOUYOUMDJIAN
La gerbe du président du Conseil de Coordination des
Organisations arméniennes de France : Ara TORANIAN
La gerbe du Souvenir des Fusillés du Mont Valérien
La gerbe de M. André SANTINI, Député Maire d’Issy les Mlx,
ancien ministre (présent)
La gerbe de M. Charles PASQUA, Président du Conseil Général des
Hauts de Seine,ancien Ministre d’Etat (présent)
La gerbe de la Ville de Paris, Madame Odette CHRISTIENNE
La gerbe de la Région Ile de France, Madame GOUREVITCH, vice
présidente pour M. Jean Paul HUCHON président
La gerbe de Monsieur Christian DUPUIS , Maire de Suresnes
La gerbe du Préfet
La gerbe de l’Ambassade d’Arménie en France Son Excellence
Edward NALBANDIAN
La gerbe du Ministère de la Défense et du Secrétariat d’Etat aux
Anciens Combattants de M. Hamlaoui MEKACHERA posée par Monsieur
Patrick DEVEDJIAN avec un discours au nom du Gouvernement.
Madame Nathalie BOUQUET représente Monsieur Jean François COPE
et M. GAROUTCHI
Le Colonel Jean-Claude BART représente Monsieur Jean-Pierre
RAFFARIN Premier Ministre
Egalement présents :
Monsieur Philippe KALTENBACH Maire de Clamart
Deux représentants de l’Institut Musulman de la Grande Mosquée
de Paris délégués par M. Dalil BOUBAKEUR
Père PABOUDJIAN représentant Monseigneur Kude NAKACHIAN , Prélat
des Arméniens de Paris
Mme Catherine OSTIN, Chef de Cabinet du secrétaire d’Etat aux
Anciens Combattants
Messages de sympathie et de soutien
M. François KOSCIUSKO-MORIZET Maire de Sèvres
Mme Janine JAMBU, Maire de Bagneux ,
M. Pascal BUCHET , Maire de Fontenay aux Roses,
M. François ROCHEBLOINE, Président du Groupe d ‘Amitié France-
Arménie au Parlement
M. Jacques OUDIN, Président du Groupe d’Amitié France- Arménie
au Sénat
Monsieur François HOLLANDE, Premier secrétaire du parti
socialiste , (message lu au micro)
Sonnerie aux morts
Minute de silence
Refrain de la Marseillaise
Chant des partisans
Hymne arménien
La Marseillaise
Monsieur JOBEZ ou Madame TAVENARD ou
Monsieur Antoine BAGDIKIAN invitent les personnalités restantes
et les participants à entrer en silence dans la crypte.
ENTREE DANS LA CRYPTE
Les drapeaux puis les enfants et les
personnes portant des fleurs entrent dans la crypte suivis des
personnes dans l’ordre protocolaire avec d’abord les principales
personnalités présentes
Dans la clairière, dépôt de 100 fleurs par
les enfants et les participants sur la Dalle des Fusillés
Minute de silence
Lecture des poèmes d’Aragon : Nicole ESSAYAN adjointe au Maire
d’Issy les Moulineaux
et de la lettre de Missak Manouchian à son épouse Mélinée :
Nadia DEGHIRMENDJIAN
Prise de parole de M. CREANGE secrétaire général de la FNDIRP
Prise de parole du président du conseil de coordination des
organisations arméniennes de France Ara TORANIAN
Les présents sont invités à visiter la
Chapelle, le Monument et à voir l’Affiche Rouge
Monsieur Arsène TCHAKARIAN présente la Chapelle, la Cloche et
les lieux d’exécution des Fusillés
Contacts :
Antoine BAGDIKIAN président de
l’association organisatrice
Tél : 06.84.84.74.74 e-mail :
antoinebagdikian@free.fr
Nadia
DEGHIRMENDJIAN attachée de presse et contact des personnalités
Tél : 06.74.53.66.15 e-mail
:marodjian@yahoo.fr
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