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Missak Manouchian
(Sur cette photo
au troisième rang, marqué d'une croix blanche à droite,  en 1919 à l'orphelinat de Djunié en Syrie).

" Croire que Manouchian était poète à certaines heures et révolutionnaires en d'autres et homme pendant ses heures de loisir relève de la plus grande absurdité. Il était les trois à la fois. Et vingt-quatre heures sur vingt-quatre ". Ainsi le décrit Henri Karayan, qui a combattu sous ses ordres.

Né le 1er septembre 1906 à Adyaman, en Arménie Turque dans une famille de paysans arméniens, Missak Manouchian perd son père à l'age de huit ans. Sa mère meurt d'une maladie peu de temps après. Il restera marqué à vie par les atrocités du génocide.

Après avoir été hébergé par une famille kurde puis par une institution chrétienne, il débarque à Marseille en 1924. Il enchaîne les petits boulots de menuisiers, sans passion. La capitale l'attire. Il a soif de savoir. Il profite de ses longues journées de chômage pour fréquenter les bibliothèques, côtoyer les milieux culturels arméniens et suivre des cours de littérature, de philosophie et d'histoire. Avec son ami Semma, il fonde deux revues littéraires :  " Tchank " et " Machagouyt ". Il compose également des poèmes mais cela ne lui suffit plus, il adhère au parti communiste et intègre le groupe arménien de la MOI, main d'ouvre immigrée en 1934.

Après la défaite en 1940, il redevient ouvrier puis responsable de la section arménienne de la MOI clandestine. Dans un premier temps, il effectue un travail de propagande. Très vite, il  s'engage dans la lutte armée et devient responsable de la section militaire des Francs tireurs  de Paris. En 1943, de très nombreuses attaques se succèdent alors à Paris, faisant de gros dégâts. L'organisation semble infaillible. Mais en raison de trahisons internes, Missak Manouchian est arrêté le 16 novembre 1943.

Juste avant son exécution, le 21 février 1944, avec 21 autres membres de son groupe au Mont Valérien, il déclare. " Au moment de mourir,  je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand  et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus  longtemps. Bonheur à tous. ".


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 Missak Manouchian (à droite) et son frère, La Seyne, Var, 3 janvier 1925, coll. particulière, Paris.
Au dos quelques lignes en arménien :
« Les années passent, tout s’estompe et passe comme la brûme du matin […] ».

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