1-
INTRODUCTION
Cette présentation est
essentiellement constituée de documents émanant de
personnalités politiques ou d'officiers français.
Ainsi, par
ce survol de l'Histoire récente, l'Institut Arménien
de France et les Anciens Combattants arméniens se
sont appliqués à mieux faire connaître ces événements.
Nous
saluons le travail de M. Gaston Laroche, Colonel
F.T.P.F. et du Lieutenant-colonel L'Hopitalier dont
les livres « On
les nommait des Étrangers » et
« Historique
des Anciens Combattants Volontaires Arméniens »
nous ont inspirés. Nous laissons bien
volontiers à ce dernier la présentation.
Une
ancienne parenté attache l'Arménie à la France ;
leur dernier roi, Léon V de Lusignan, d'origine
française, mort à Paris en 1393 ne repose-t-il pas
dans la célèbre Basilique de Saint-Denis ? C'est
pour cette raison que Paris, cœur de la France et
du monde, est resté le lieu de pèlerinage et le
foyer d'espérance de tous les Arméniens.
-
En échange
de l'hospitalité, les Arméniens ont versé pour la
France le meilleur de leur sang, après lui avoir
fait abandon de leur cœur.
C'est pour
exalter cette ferveur dans la reconnaissance qui, hélas,
tend à disparaître que, malgré les difficultés,
il était du devoir d'un Français de rendre hommage
aux Morts, de mettre en valeur les Pages de Gloire
des soldats arméniens, afin que mieux connues,
elles soient transmises à la postérité comme le
flambeau impérissable de la valeur des Combattants
Arméniens, qui est venu ajouter sa glorieuse lumière
au phare éblouissant de la civilisation et de la
Liberté.
Lieutenant-colonel L'HOPITALIER
Société des Nations ayant admis que les apatrides pouvaient être
mobilisés au profit du pays dans lequel ils résidaient
le jour de la Déclaration de la guerre, la loi française
du 31 mars 1928 a inclus cette clause dans ses
articles.
Les Arméniens qui vivaient en France furent donc appelés
et incorporés dans les régiments français où ils
combattirent vaillamment, anonymement pour la cause
des Alliés.
La plupart n'étaient pas citoyens français.
A cette
Victoire commune des Alliés, les Soldats Arméniens
sont associés, certains d'entre eux, engagés
volontaires, ont versé leur sang et sont tombés au
Champ d'Honneur dans les combats livrés par les
grandes Unités Françaises désormais légendaires
1re ARMÉE
FRANÇAISE - 1re
DIVISION
F.F.L.
2e
DIVISION BLINDÉE
- L'ARMÉE
DES ETATS-UNIS
2 -
CAMPAGNE DE FRANCE 1940
FRONT FRANÇAIS
Le 22me
Régiment de Marche Volontaires Étrangers
SES
COMBATS AVEC LA 7e
ARMÉE - 1er C.A. – 19e
D.I.
22
Mai : Occupation de Conchy-les-Pots (Région Sud de
la R.N. 337) Amiens-St-Quentin. 23Mai : Occupation de
Tilloloy.
24-25
Mai : Attaque de Berny par le 1/22. - Attaque de Villers-Carbonel par le 111/22,
contre-attaque victorieuse allemande et reprise du
village, nouvelle attaque par le 11/22 et reprise de
Villers-Carbonel qui fut à nouveau abandonné le 26
sous une forte pression ennemie appuyée par des
chars.
26
Mai : Organisation sur la ligne générale
Fresnes-Mazancourt-Miser. P.C. du Rgt à Fresnes,
puis à Marchelepot à partir du 31 Mai.
4
Juin : Le Chef de Bataillon Hermann du 47e R.I. prend le commandement du régiment. Les Volontaires
Étrangers appartenaient à 47 nationalités dont
environ 15 % d'Arméniens.
|
ORDRE
N° 651-C
Le Général d'Armée, Commandant en
Chef les Forces Terrestres, Ministre Secrétaire d'État
à la Guerre, cite :
A
L'ORDRE DE L'ARMÉE
22e
RÉGIMENT DE MARCHE DE VOLONTAIRES ÉTRANGERS
« Jeté
dans la bataille bien qu'incomplètement équipé et
à. peine amalgamé, s'est particulièrement
distingué sous les ordres du Chef de Bataillon
HERMANN au cours des journées des 5, 6 et 7 Juin
1940.
« Complètement
entouré par les Unités blindées ennemies,
violemment bombardé tant par avions que par
l'artillerie, a résisté héroïquement pendant
quarante-huit heures à toutes les attaques, réussissant
pendant ce temps à conserver l'intégrité des
localités qui constituaient l'ossature de la
position confiée à sa garde. N''a cédé que faute
de munitions et écrasé par une supériorité matérielle
considérable. A, par sa résistance, fait
l'admiration de l'ennemi »
Cette
citation comporte l'attribution de la Croix de
Guerre avec Palme.
Le 2 Juillet 1941
LtCI L'H
|
3
- LES
PRISONNIERS ARMÉNIENS
(1939
- 1945)
“ Au début de l'année 1941 les Allemands entreprirent
de réunir au Stalag XI-A (Altengrabov prés
Magdeburg) les Arméniens faits prisonniers dans les
rangs de l'Armée française. Entre 1.200 et 1.500
prisonniers furent rassemblés. Une bonne partie
demeura au camp central, groupée en détachement
particulier, mais non isolée du reste des
prisonniers.
A
plusieurs reprises les Allemands essayèrent de
faire pression sur ces soldais d'origine arménienne
pour les gagner â leur cause. Ils leur firent
adresser la parole par des Arméniens fixés en
Allemagne et ralliés au 111' Reich. Ils 'agissait
soit de rejoindre les rangs de la Werhmacht, soit à
tout le moins d'accepter un état de travailleurs
civils qui les désolidariserait de la masse des
prisonniers et pour finir de la France. Des menaces,
des vexations, quelques brutalités même vinrent fréquemment
appuyer ces propositions.
En
de telles circonstances l'attitude des prisonniers
fut digne de tous éloges. La fidélité à la
France qui les avait accueillis en 1920 et 1921, où
ils avaient leurs affaires, leur famille, fui leur
unique principe, il leur dicta à l'unanimité une réponse
négative aux propositions allemandes qui leur
furent faites jusqu'en 1942 Une résistance active
s'e7abora dans leurs rangs. Un des principaux
animateurs enfui un sous-officier de carrière,
l'adjudant Kilidjian Baruir, qui eut de ce fait bien
des fois maille à partir avec les services
allemands.
Finalement,
lassés de ces perpétuels échecs dans leurs
tentatives d'ébranler la fidélité des Arméniens
captifs à la France, les Allemands décidèrent en
1943 le transfert d'un bon nombre d'entre eux dans
la région berlinoise ou ils furent transformés de
force en travailleurs civils. L'adjudant Kilidjian
fui emprisonné un certain temps et ne dut qu 'à un
heureux concours de circonstances de pouvoir rentrer
sain et sauf en France. C'est dans ces conditions
que la captivité s'acheva, sans avoir entamé
l'attachement des soldats français d'origine arménienne
à la cause de leur pays d'adoption.
Lettre
du R.P.D. Dubarle,
l'homme de confiance du Stalag XI-A
4
- LA RÉSISTANCE ARMÉNIENNE EN FRANCE (1943
- 1945)
“ LA CAUSE DE LA FRANCE EST LA NÔTRE
”
L'immigration arménienne
Les Arméniens font leur devoir pour leur patrie adoptive
comme ils l'auraient fait pour leur pays d'origine.
Une amitié plusieurs fois séculaire unit les deux
peuples et c'est dans la douleur que la véritable
amitié donne toute sa mesure.
Les Arméniens se trouvent dans la résistance aux
côtés de leurs frères français, armés de
courage et de dévouement. A Paris, Lyon, à
Grenoble, à Nice et à Marseille, ils forment des
groupes de Francs-tireurs et Partisans. Le Front
National Arménien est né. Il coordonne son activité
avec celle des Résistants français. Gaston
Laroche, Colonel F.T.P.F.
Les F.T.P. arméniens rivalisaient d'audace et d'héroïsme.
Partout, les Francs-tireurs et Partisans Arméniens,
les organisés du F.N. Arménien secondent l'action
des F.F.I. à Marseille, à Saint-Antoine, à
Sainte-Marguerite et à Saint-Loup.A Marseille, ils apportent un appui des plus
efficaces dans les combats du boulevard
Baille-Castellane et de la Préfecture, et pénètrent
dans la ville les armes à la main.Les Arméniens qui participèrent à la libération
de Marseille étaient groupés dans un détachement
nommé DÉTACHEMENT SARKIS (Sarkis BEDOUKIAN, Mort
pour la France).A Saint-Tropez et à Toulon, les bataillons arméniens
favorisèrent le débarquement des troupes alliées.
Pendant le mouvement d'insurrection pour la libération
de la ville de Lyon (du 24 Août au 26 Août et du 2
et 3 Septembre 1944), les Arméniens magnifiques de
courage et de dévouement, apportent leur aide aux
patriotes, puis le détachement "Manouchian"
s'est incorporé dans le groupement
"Carmagnole". »
G.L.
LE MAQUIS DE LORRIS (Loiret)
-
« Après
l'arrestation de Missak MANOUCHIAN, quelques-uns des
survivants de ce groupe furent envoyés en province
pour des missions spéciale s Arsène TCHAKARIAN à
Bordeaux, Dihran VOSKERITCHIAN à Lyon, Haïk-der-TBIRIAN,
dit “ Hardy ”, à Trondes (Meurthe-et-Moselle).
Au cours des luttes serrées, dix-huit de ces
patriotes F.T.P.F. tombèrent héroïquement. Louis
KARAYAN et les autres restèrent dans la région
parisienne. Le lieutenant Alexandre (Robert)
KONSTANTINIAN, ancien responsable du détachement
“ Stalingrad p du groupe Manouchian, partit à
Montargis (Loiret), pour la formation d'une nouvelle
organisation armée ».
MENDE
-
La
partie de l'Arménie intégrée à la Russie a
fourni près de 250.000 soldats dès les premiers
jours de la guerre contre l'Allemagne, comme toutes
les républiques fédérales de l'U.R.S.S. Après
les combats livrés entre ces deux grandes
puissances, particulièrement en 1942, les nombreux
prisonniers faits par la Wehrmacht furent l'objet,
quant à leur origine, d'une sélection minutieuse.
“ Les Allemands s'imaginèrent qu'en tirant les
Arméniens des camps où ils périssaient de misère,
en les revêtant d uniformes allemands et en les
encadrant solidement, ils feraient d'eux des
auxiliaires dévoués. C'était mal connaître leur
patriotisme, car dés qu'ils furent établis en
France, ces soldats cherchèrent les moyens de se
libérer et reprendre la lutte contre les hitlériens.
Leurs actions ont été d'un très grand appoint
pour la résistance française.
Tous ces soldats arméniens soviétiques, bien
entraînés et bien encadrés par leurs officiers,
prendront une part importante dans la libération et
la défense de Port-de-Montvert, de Collet-de-Dèze,
de Florac, de Villefort, de Génèlhec, d'Alès, de
Nîmes, etc. en infligeant à l'ennemi de lourdes
pertes en hommes et en matériel.
“ On peut dire sans exagération que la démoralisation
ainsi créée d'une part, et le développement
incessant des F.F.I. dans le Massif Central d'autre
part, sont les deux faits qui, à l'époque, ont
fait avorter les projets de fortifications du Massif
Centrai, établi par l'Etat-Major allemand.
L'action de la Légion Arménienne de Mende, conjointement
avec celle du maquis, aboutissait ainsi à l'anéantissement
complet des Allemands dans la Lozère et dans les
garnisons de l'Aveyron, de la Haute-Loire et du
Cantal. (Août
1944)
“ Les Arméniens soviétiques furent de farouches défenseurs
de leur idéal de liberté.
Par leur action héroïque, ils assénèrent à l'ennemi
de terribles coups vengeurs, méritant ainsi les
multiples manifestations de sympathie dont ils
furent l'objet de la part de la population de Mende,
lors de leur entrée dans la ville après la Libération.
Preuve également, l'attestation suivante, entre bien
d'autres, du Maire de La Calmette, témoignant de la
reconnaissance de ses administrés au Capitaine
PETROSSIAN et à ses hommes.
Gaston Laroche,
Colonel F. T.P.F.
|
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Mairie de La Calmette
ATTESTATION
Je
soussigné, MARCELLAT Roger, Maire de La Calmette,
certifie que la Compagnie 103 F. T. P. F. M. O. I.,
commandée par le Capitaine PETROSSIAN depuis le
4/8/44 jusqu'au 29/8/44 a défendu héroïquement la commune de La
Calmette et empêché de passer au village la
colonne allemande composée environ de quinze à
vingt mille hommes.
La population du village a regardé la
lutte héroïque de la Compagnie contre les ennemis
qui avaient la supériorité numérique plus que
cent fois. La compagnie arménienne, avec habileté
et hardiesse, a combattu avec sang-froid et courage.
En conséquence de ce combat inégal, les Allemands
ont perdu environ 200 soldats et officiers, 100
prisonniers et 8 blessés. La Compagnie arménienne a empêché les Allemands
de passer par le village et de le piller comme ils
ont fait dans les autres petits villages des
environs.
En reconnaissance, la population du village posera
sur la tombe de ces braves une pierre avec les
inscriptions héroïques
MORTS POUR LA LIBÉRATION DE LA FRANCE
Moi-même et toute la population rendons hommage
aux morts et félicitons la bravoure des vaillants défenseurs
de notre Patrie.
Le Maire : Signé MARCELLAT
A La Calmette, le 4
Septembre 1944
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"Defile du regiment des partisans armeniens a Nimes a la liberation,
Chef d'Etat-major TITANIAN,
Commandant du regiment KAZARIAN,
Commandant de compagnie MARKARIAN.
Tous rentres en Armenie a la fin de la guerre, ont ete deportes a
Magadan, Siberie orientale. Liberes en 1955 apres la mort de Staline.

Markar Markarian, FTP de la légion arménienne
de Mende.
Correspondance de Monsieur
Pierre HAFFNER de Moscou :
Je vous prie de bien vouloir trouver ci joint
photo de la légion défilant a Nîmes à la
Libération ainsi que celle du Commandant Markarian.
De retour en Arménie après la guerre, Markar Markarian
a été déporté a Magadan.
Aujourd'hui, son petit fils Akopian conserve son souvenir et l'amour de la France,
pays pour lequel son grand père a combattu,
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